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TROUBLE DE L’AUDITION

AUDITION

ORL (oto-rhino-laryngologiste), audioprothésiste, orthophoniste… Les spécialistes de l’audition ne manquent pas ! Mais lequel vous faut-il et quand devez-vous les consulter ?

L’ORL : incontournable !

L’ ORL est un médecin spécialisé dans les maladies de l’oreille, du nez, de la gorge et du larynx. En cas de perte auditive potentielle, il établit un diagnostic, grâce à un examen clinique, puis des tests auditifs. En clair, c’est le spécialiste à voir en premier ! C’est lui qui prescrit d’éventuelles aides auditives. Et sa prescription est indispensable ! Les audioprothésistes ne sont pas autorisés à vous vendre d’appareillage sans ordonnance Votre ORL peut vous adresser à un audioprothésiste de sa connaissance. Une fois les aides en place, médecins et audioprothésistes doivent travailler ensemble pour effectuer un suivi de qualité.

L’audioprothésiste : spécialiste des aides auditives

L’audioprothésiste choisit, délivre, adapte et contrôle les aides auditives sur prescription d’un ORL. Lors de la première rencontre, il adapte au mieux l’appareillage à vos troubles auditifs, ainsi qu’à votre mode de vie (actif ou plutôt calme…). Il améliore également, grâce à des tests, les données de l’audiogramme effectué par l’ORL et vous propose d’appareiller soit une seule, soit deux oreilles. Dernière étape, avant la commande du matériel : il effectue une prise d’empreinte. Une fois l’appareil conçu, puis réceptionné dans sa boutique, il réalise de nouveaux tests pour l’adapter au mieux à vos besoins. Enfin, l’audioprothésiste donne des conseils d’utilisation, d’adaptation, de manipulation, d’entretien…

L’orthophoniste : en complément

L’orthophoniste est spécialisé dans la rééducation du langage. Il peut notamment aider la personne malentendante à développer la lecture labiale (la lecture sur les lèvres). Mais son aide est aussi fréquente chez l’enfant, lorsque la mise en place de l’appareillage est antérieure à l’acquisition du langage et doit s’accompagner d’une rééducation.

Perte auditive : 4 signes qui ne trompent pas !

Perteauditive

Contrairement aux idées reçues, la baisse auditive liée à l’âge (presbyacousie) est fréquente dès la cinquantaine ! Le hic, c’est qu’elle s’installe de façon progressive. Ses méfaits passent

donc le plus souvent inaperçus. Quatre signes qui ne trompent pas !

Des aigus moins nets
La presbyacousie est une baisse auditive progressive qui ne concerne que certains types de sons. Ce sont d’abord les aigus qui s’estompent (aigus sur lesquels reposent pourtant 60 % de la compréhension vocale…). Résultat : le presbyacousique a d’abord du mal à distinguer les voix de femmes et d’enfants. Mais les graves sont aussi moins bien perçus. Si les voix masculines restent audibles, elles arrivent à l’oreille comme un ensemble incompréhensible. Autre signe d’alerte : les sons [s] et [th] sont parmi les premiers à être touchés.
Un entourage qui n’articule pas !
Toute baisse auditive entraîne une moindre compréhension. En cas de presbyacousie, même débutante, on peut avoir l’impression désagréable et franchement agaçante que son interlocuteur n’articule pas. Et c’est encore pire au téléphone, en société, en famille ou entre amis ! Au départ, on demande à son entourage de répéter, de parler plus fort, plus intelligiblement. Mais sans diagnostic et sans prise en charge de la perte auditive, l’attitude des autres finit par énerver. En cas de baisse importante, une réelle frustration peut s’installer. Après plusieurs années, on peut même finir par ne plus prendre part aux conversations et par s’isoler.

Des acouphènes

La presbyacousie peut s’accompagner d’acouphènes. Ces bruits, qui se manifestent dans les oreilles ou de manière diffuse à l’intérieur de la tête et qui n’ont pas de source extérieure réelle, sont le signe le plus visible et peut-être le plus gênant de la dégradation auditive. Souvent perçus par l’entourage comme une « vue de l’esprit », ils accentuent le sentiment d’isolement que favorise déjà la presbyacousie.
A noter : l’exposition à des environnements bruyants peut renforcer ces bourdonnements.

Otites, oreillons, rubéole

OreilleCertaines maladies très banales (otites, oreillons, rubéole…) peuvent entraîner une surdité parfois irréversible chez l’enfant. Le point sur ces pathologies à risque et les moyens de prévenir leurs méfaits !

Les maladies en cause

De nombreuses maladies infectieuses peuvent être responsables de pertes auditives :
– les pathologies contractées durant la grossesse : rubéole, infections à cytomégalovirus (CMV), toxoplasmose, syphilis
– les méningites bactériennes
– les oreillons
– la rougeole ou rubéole
– les otites à répétition.

A la naissance, le manque d’oxygène chez le nouveau-né, avec lésions neurologiques, la prématurité, l’incompatibilité entre le sang de la mère et celui du foetus (rare actuellement car prévenue par un traitement médical) sont aussi des facteurs de risque de surdité.

Comment les éviter ?

La vaccination permet de prévenir certaines maladies infectieuses, telles que la rubéole, les oreillons ou certaines méningites. En cas d’absence d’immunité, durant la grossesse, contre la toxoplasmose et le cytomégalovirus (CMV), des mesures préventives associées à des prises de sang régulières sont indispensables pour détecter une contamination et prendre les mesures nécessaires. Face à des otites à répétition chez l’enfant, il est indispensable de consulter un ORL pour qu’il adapte au mieux le traitement, en réalisant si nécessaire un prélèvement du pus dans l’oreille et des examens auditifs.

Que faire en cas de perte avérée ?

A la moindre suspicion de surdité, votre médecin généraliste doit vous renvoyer vers un spécialiste afin de réaliser des tests auditifs adaptés. En cas de diagnostic positif, n’hésitez pas à faire appel au corps médical, à des éducateurs, des orthophonistes pour stimuler votre enfant, lui permettre si besoin d’acquérir la lecture labiale (lecture sur les lèvres), l’aider à développer son besoin de communication, et pour vous soutenir dans cette démarche. Si votre enfant est appareillé, l’audioprothésiste adaptera au mieux le matériel (aides auditives, implants). Votre pédiatre doit pouvoir vous mettre en contact avec des centres d’enfants sourds.

Quels sont les traitements ?

La prise en charge et le traitement dépendent de la cause et du degré de perte auditive. Les solutions consistent essentiellement en un appareillage, une éducation précoce adaptée (pour toute la famille), et le soutien d’un orthophoniste.

Oreilles : gare aux traumatismes !

coton-tigeLes traumatismes survenant dans la sphère auditive, qu’ils soient sonores, crâniens ou dus à l’introduction d’un objet (type coton-tige), peuvent être responsables de surdités, de troubles de l’équilibre, voire pire !

Les situations à risque

Tout niveau sonore supérieur à 85 décibels (dB) peut entraîner un traumatisme auditif. Un souffle d’air (blast) peut aussi provoquer des perforations tympaniques, lors d’une gifle par exemple, ou en cas d’impact d’un ballon sur l’oreille…
Mais les coton-tige, aiguilles à tricoter, allumettes peuvent aussi être responsables d’une perforation du tympan, de lésions des osselets, voire de l’oreille interne. Un choc violent peut engendrer un traumatisme crânien. Enfin, les barotraumatismes, assez fréquents en plongée sous-marine, provoquent des atteintes de l’oreille moyenne et /ou interne qui se traduisent par des acouphènes, des vertiges ou des surdités.
Attention : la recherche de corps étrangers dans l’oreille peut aussi les enfoncer et abîmer le tympan.

Trauma ou pas ?

Un traumatisme auditif entraîne souvent une douleur intense. Il est aussi responsable de lésions de la cochlée et de l’appareil vestibulaire. Résultat, il entraîne des troubles de types hyperacousie, acouphènes, mais aussi de l’équilibre (vertiges).
Les traumatismes crâniens peuvent être responsables de symptômes touchant à la sphère auditive. Bien qu’ils n’engendrent pas forcément de surdité, il faut absolument contacter son médecin d’urgence en cas de :
– saignement de l’oreille
– écoulement de liquide clair (risque important de méningite).

Comment se protéger ?
Dans bien des cas, les traumatismes auditifs peuvent être évités. Face aux bruits : le port d’un casque, de bouchons, la diminution de l’intensité de la source sonore ou son éloignement suffisent à préserver l’audition.

L’introduction d’agents pointus, tels le coton-tige, doit également être proscrite afin de limiter les risques de perforation du tympan. Il est indispensable de protéger son crâne lors de la pratique de certaines activités (sports mécaniques ou violents par exemple).
Enfin, il faut éviter la plongée sous-marine en cas de mauvaise aération du nez (rhinite), de l’oreille (otite) ou à la suite d’une ablation de l’étrier (petit os situé dans l’oreille).

Y a-t-il des traitements ?

Le traitement d’un traumatisme sonore aigu repose en général sur la perfusion de médicaments favorisant l’apport d’oxygène au niveau de l’organe lésé. Dans le cas des blasts, s’il existe des lésions tympaniques, un nettoyage en urgence est nécessaire (si le tympan est perforé, sa fermeture doit être effectuée en urgence).
En cas d’apparition d’une surdité brutale post-traumatique, le traitement doit être réalisé en urgence : repos, corticothérapie, vasodilatateurs par perfusion. Les traumatismes crâniens doivent être explorés (radios, scanner, IRM).

A noter : en cas de traumatismes sonores, la récupération complète est possible, sauf si l’exposition a été prolongée dans le temps.

Les médicaments qui rendent sourd

Médicaments

Vous ne le savez peut-être pas, mais votre armoire à pharmacie contient des médicaments à risque. Certains peuvent avoir de graves répercussions sur votre audition et rendre définitivement sourd(e) !

Quels sont les signes d’alerte ?
Qu’ils soient pris par la bouche, perfusés ou administrés en gouttes auriculaires, de très nombreux médicaments peuvent entraîner une atteinte de l’oreille interne et du nerf auditif. Ils sont le plus souvent à l’origine d’acouphènes, mais ils génèrent aussi des vertiges et bien sûr des hypoacousies (surdités de perception). A noter :certaines toxicités peuvent survenir après l’arrêt de la prise du toxique et être responsables d’un handicap important : surdité et graves troubles de l’équilibre.

Les médicaments à risque ototoxique
Certains médicaments et toxiques, notamment les solvants, peuvent endommager la fonction auditive en détruisant la cochlée et des cellules sensorielles dans l’oreille interne. De nombreux produits contenus dans les gouttes auriculaires sont à risque en cas de perforation du tympan. On trouve, parmi les médicaments ototoxiques, des antibiotiques (aminoglycosides, erythromycine, vancomycine), certains anti-inflammatoires à forte dose (dont l’aspirine et l’ibuprofène), des traitements contre l’hypertension (diurétiques), des anticancéreux (chimiothérapie) et des antipaludéens (quinine et chloroquine).

Les précautions à prendre

Avant la prescription de gouttes auriculaires, votre médecin doit impérativement examiner vos tympans qui ne doivent pas présenter de perforation. Mais ce n’est pas tout : en cas de prescriptions médicales à risque toxique, le médecin doit aussi s’inquiéter de votre état auditif et se renseigner sur d’éventuels passifs dans ce domaine. De votre côté, pensez à lire attentivement les notices. Elles précisent les risques ototoxiques éventuels… Vous pouvez également demander conseil à votre pharmacien.

Que faire en cas de dégâts ?

Si des troubles auditifs apparaissent lors de la prise d’un médicament ou lors de l’exposition à des solvants, signalez-le immédiatement à votre médecin. Un examen clinique et des tests auditifs permettent de définir la surdité et d’éliminer d’autres causes que la toxicité. Si un lien est envisagé ou mis en évidence, la prescription du traitement ou l’exposition au toxique doit alors être évitée dans la mesure du possible.

Décibels : les limites à ne pas dépasser !

AvionA partir de quand un son devient-il vraiment gênant ? Les bruits de la vie courante peuvent-ils abîmer l’audition ? Quel est le niveau de décibels à ne pas dépasser ? Le point sur ces sons qui nous entourent et sur leur nocivité

Zéro dB : le minimum audible
On a choisi de fixer à 0 dB le seuil de l’audition : c’est le niveau sonore le plus bas que l’oreille puisse détecter. Au-dessous de ce chiffre, aucun son ne peut être perçu par l’appareil auditif humain (certains animaux détectent des sons à des seuils inférieurs). Entre 0 et 10 dB, le son est quasi inaudible (cela correspond au « bruit » dans un désert)… Jusqu’à 30 dB, il reste très faible (rase campagne, studio d’enregistrement avant l’arrivée de musiciens !).

La plupart des sons sont compris entre 30 et 90 dB
La plupart des sons du quotidien sont compris entre 30 et 90 dB : des chuchotements équivalent à 20 dB, une discussion calme ou une rue passante à 65 dB, un aspirateur à 70 dB, une voiture à 80 dB, une tondeuse à gazon ou des cris à 90 dB. Les sons de la vie courante dont le niveau est inférieur à 80 dB, ne représentent aucun risque pour l’audition, même s’ils peuvent être fatigants ou, parfois, gênants. Inaudibles ou abrutissants, ils s’apparentent alors à du bruit, et peuvent entraîner des problèmes d’ordre nerveux. Certains niveaux sonores augmentent aussi les troubles digestifs, les risques d’hypertension artérielle, la nervosité, le stress.

85 dB : le seuil à ne pas dépasser !
On trouve des niveaux supérieurs à 90 dB dans certains métiers (industrie, armée, artisanat…) et dans la pratique de certaines activités (musique, chasse..). Les chasseurs sont confrontés à des sons, certes très brefs, mais dont le niveau dépasse 140 dB ! A plus de 85 décibels (c’est le cas du baladeur poussé à son maximum), les sons agressent l’appareil auditif et peuvent entraîner, sur-le-champ ou au cours des années qui suivent, des acouphènes, voire une surdité. Les dégâts sont proportionnels au niveau sonore et à la durée d’exposition. Cent décibels correspondent au

seuil de la douleur.
A noter : jusqu’à 95 dB, il faut souvent plusieurs années d’exposition avant que l’audition ne se détériore. Les conséquences ne se font sentir que longtemps après, mais le mal est fait.

Au-delà de 100 dB : danger !
Certains concerts atteignent 110, voire 115 dB. Les discothèques oscillent le plus souvent entre 100 et 110 dB. Des seuils insupportables pour l’appareil auditif qui ne dispose d’aucune défense face à ces sons extraordinairement puissants. Attention : au-dessus de 100 dB (un avion qui décolle, une explosion, une fusée peuvent atteindre 130 dB) quelques heures d’exposition peuvent suffire à abîmer les capacités auditives. La solution ? Baisser le volume sonore. Si c’est impossible, il faut tâcher de réduire la durée d’exposition ou utiliser des bouchons d’oreille…

Quelques repères

Avion au décollage = 130 dB
Concert ou discothèque = 110 dB
Baladeur (puissance maximale) = 100 dB
Moto = 90 dB
Voiture = 80 dB
Aspirateur = 70 dB
Grande surface = 60 dB
Machine à laver = 50 dB
Chambre à coucher, conversation tranquille = 30 dB
Chuchotements = 20 dB
Vent dans les arbres = 10 dB
Minimum audible = 0 dB